Pour filer la métaphore jusqu'au bout, et pour ceux qui n'auraient pas bien compris de prime abord, comment faire traverser une rivière à un loup, une chèvre et un chou, sachant que le loup ne peut rester avec la chèvre, le chou avec la chèvre et que le bateau ne peut en transporter qu'un à la foi? A présent qu'en partie le problème s'est résolu de lui-même, la solution parait plus simple. Quoique.
Nous étions nombreux à souhaiter que la décision de M Bouyssière de ne pas se présenter dimanche prochain ne soit pas l'occasion pour certains de régler de façon inélégante de vieux comptes, dont une bonne partie des najacois sont, en tant qu'électeurs de M Bouyssière à maintes reprises, sont comptables. Trop demander? M Bouyssière fait montre d'un indéniable manque d'élégance dans cette façon qu'il a de ne donner aucune consigne de vote tout en "assassinant" Jean-Louis Cance. Mais M Bouyssière n'a-t-il pas toujours dit et fait ce qu'il voulait sans se soucier du mal qu'il pouvait faire à sa commune, ses administrés et toute personne qui osait lui tenir tête? Passons sur cette bien médiocre sortie et espérons que ceux qui, hier, se targuaient de faire peu de cas du désormais ancien maire ne seront pas trop influencés par ses dernières paroles.
Le choix est rendu plus simple par sa renonciation. Nous devrons, dimanche prochain, choisir entre deux listes ,ou trente najacois, ceux que nous jugeons dignes et compétents de gérer la commune de Najac.
Nous avons eu la chance d'entendre, lors de réunions publiques, les candidats exposer leurs projets et répondre aux nombreuses questions du public. Puisque la parole semble libre, je profite de cette liberté à mon tour pour donner mon opinion. Si d'un côté, nous avons des conseillers dits "sortants, de l'autre nous avons des "débutants". Ces deux qualificatifs, parfois utilisés de façon péjorative, ne veulent rien signifier qu'un état de fait, qui ne préjuge en rien de la capacité des uns ou des autres à gérer un village. Ce qui compte, à mes yeux, ce sont les propositions, projet contre projet. Lors des réunions publiques, Jean-Louis Cance en a défini quatre. L'énoncé était clair. Cinq jours plus tard, ce fut le tour de Raymond Rébellac. Là, étonnement, aucune proposition franche. Aux questions posées, des ni-oui, ni-non, nous verrons. Outre que l'Aveyron n'est pas le pays de Caux, ce défaut de projets clairs me laissa sur ma faim (à l'exception de l'idée évoquée d'une gestion du domaine forestier de la commune). Puis vinrent les résultats du premier tour. Je suis resté perplexe. Après des décennies passées à donner leurs voix à un maire dont la politique était toute tracée, par lui seul; les najacois seraient prêts à donner leur suffrage à une équipe dont le projet parait nébuleux. Je ne partage pas les mêmes idées que Jean-Louis Cance, je me suis même présenté sur une liste opposé en 2001, mais, à choisir, je préfère encore savoir pourquoi je vote.
N.B. A ceux que ces lignes ne plairont pas, juste un mot : liberté.