Mon cher petit,
Comment ta lettre m’a fait plaisir, je ne saurais assez te le dire. Je t’en remercie de tout cœur. Je vois bien que tu as grandi et je suis fière de toi ! Tu as fait des progrès depuis que tu ne faisais rien à l’école …
Dès la réception de ta lettre, je me suis mise à suivre vos aventures najacoises sur Internet. Eh oui, je me suis mise à naviguer sur le net ! Waouah ! Bravo à vous pour tous ces débats, ces échanges, ça vit chez vous ! Vous allez voter pour des personnes quand moi, dans ma grande ville, je ne peux voter que pour des lettres U, M, P, S, ou d’autres.
Avec tes copains, profite bien de cette chance ! En plus tu n’as pas que deux choix mais trente ! Je vais te paraître plutôt vieux jeu, mais à mon âge, ça n’a pas beaucoup d’importance : tu as souvent refusé les conseils, mais je vais quand même t’en donner un. Car j’ai l’impression que chez vous la césure est franche, voire un peu simpliste. C’est le nouveau ou l’ancien, c’est l’expérience ou la nouveauté, c’est le tout ou le rien, c’est le haut ou le bas.
Pour la nouveauté, rappelle-toi ce que disait Edgar Morin : la vraie nouveauté naît toujours dans le retour aux sources. Pour l’expérience, rappelle-toi ce que disait Lao tseu – oui je sais, tu n’étais pas né : l’expérience est une lumière dans le dos, qui n’éclaire que le chemin parcouru.
Bon, je sais, tout ça ne va peut-être pas beaucoup t’éclairer ! Mais tu es grand mon petit, vote bien, comme tu le sens. Je regarderai les résultats et je penserai à toi. Et Najac sera toujours Najac. Comme le disent nos sages cousins africains : le tronc d’arbre a beau séjourner longtemps dans le marigot, il ne deviendra jamais un crocodile !
Bisous.
Ta mamie